Soignants : être signe du Christ auprès des plus fragiles

Rédigé le 20/10/2026

Ce samedi 17 octobre 2026, la pastorale de la santé et notre évêque, Mgr Dominique Blanchet, avait invité les soignants, les aumôniers d’hôpitaux, les visiteurs des malades à l’hôpital ou à domicile (Service Évangélique des Malades), les proches aidants, pour à fêter la Saint Luc.

  • C’est la paroisse Saint-Cyr Sainte Julite de Villejuif qui a accueilli la rencontre, animant la messe organisant le pot de l’amitié. Qu’ils soient chaleureusement remerciés.
  • Une soixantaine de personnes ont participé au temps de partage à partir de la Lettre Pastorale de l’évêque « À vous d’en être les témoins… » et plus particulièrement des paragraphes 10 et 12 nous invitant à ne pas avoir deux vie parallèles (séculière et spirituelle), à « être témoin là où nous avons les pieds » (§10) et en sachant reconnaître le Seigneur Jésus sous les traits de l’humanité blessée, vulnérable, fragile, en mettant les pauvres au centre de notre vie (§12).
  • La réflexion s’est faite par carrefours homogènes (2 carrefours de soignants actifs, 2 carrefours de soignants à la retraite, 4 carrefours d’aumôniers d’hôpitaux, de prêtres)

Paroles des participants

À partir de la lecture des paragraphes 10 et 12 de la Lettre Pastorale, chacun a essayé de dire comment il « osait être signe ».

« J’ai été interpellé par cette expression de la Lettre pastorale : “fraterniser avec les plus pauvres”. Mais qui sont les pauvres ? Ce ne sont pas nécessairement des personnes démunies matériellement. Il existe aussi une pauvreté intérieure. J’ai rencontré des patients qui me semblaient déjà un peu morts, sans élan nouveau, sans engagement dans la vie. Cette pauvreté-là a particulièrement résonné en moi. Comme formateur en soins palliatifs, j’essaie d’aider les soignants à être pleinement présents à l’autre. Car il ne s’agit pas tant de le guérir que de l’accompagner pour qu’il puisse lui-même trouver un chemin. »

« Nous devenons véritablement lumière du monde et sel de la terre lorsque, par notre seule présence et notre manière d’être, nous transformons l’atmosphère et les lieux où nous nous trouvons, en y apportant le Christ. Je trouve difficile de traverser cette période que je ressens comme “anti-Dieu”. »

Un aidant a témoigné de l’isolement et de la vulnérabilité de l’aidant proche. La Pastorale de la santé du diocèse mène en effet une recherche pour rejoindre les personnes en situation d’aide d’un proche, notamment en se faisant connaître auprès des institutions publiques, avec l’Équipe Mobile de Soins Palliatifs de l’ouest du Val de Marne et des associations partenaires.

Soigner, écouter, accompagner : une présence qui témoigne de Dieu

Mgr Dominique Blanchet a dit sa joie d’être là et de trouver une assistance nombreuse et en soulignant le fait que la fête de la Saint-Luc qui correspond aussi avec la journée du refus de la misère et avec la fin de la 100ème semaine missionnaire mondiale.

Il a cité le pape François, qui rappelait que la pauvreté n’est pas nécessairement un mal à combattre : elle peut aussi être synonyme de sobriété et nous inviter à accueillir notre propre vulnérabilité. En revanche, il nous faut combattre et refuser la misère, qui se caractérise notamment par l’absence de relations et l’isolement.

Il a souligné que notre rencontre se déroulait au moment où la loi autorisant à donner la mort venait d’être votée et allait entrer en vigueur, qu’elle se déroulait juste après les paroles fortes du Pape Léon XIV appelant à « entrer en résistance » « pour que le monde ait la vie ».

Notre évêque a présenté la remontée de la réflexion des carrefours en trois registres :

  • D’abord, le registre du refus de la misère, du combat pour que toute personne affrontée à la fragilité, à la vulnérabilité, ne se retrouve pas seule, soit en relation jusqu’au bout.

  • Le deuxième registre est spirituel : la conscience que Dieu est là. « Lorsqu’un pauvre crie, le Seigneur entend », et vous êtes, soignants, visiteurs, les instruments du Seigneur qui entend.

  • Le troisième registre est celui de l’unité de vie dont vous pouvez témoigner à travers votre métier. L’annonce de l’amour du Christ à travers les gestes du soignant est certes implicite. Jésus souligne que l’important n’est pas de savoir quand nous avons été témoins, mais de l’être : « Quand t’avons-nous donné à manger, à boire… Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères. » Ils ne l’ont pas fait pour gagner quelque chose mais parce qu’ils sont dans le monde, parce que c’est une cohérence de vie.

Mgr Blanchet a redit aux acteurs de la santé présents à cette rencontre l’importance de leur engagement : « Vos mains, vos pieds, vos yeux, vos oreilles, votre cœur sont précieux : c’est par vous que Dieu s’approche des personnes qui souffrent. Votre capacité à soigner pour les professionnels, à visiter pour les autres, est importante. Il faut que vous sachiez combien vous êtes importants pour l’Église.

Partir sans rien, accueillir le Christ dans la rencontre

Père Dominique Rameau, vicaire général, a lancé un partage d’Évangile avant de partager son homélie. Il a souligné l’importance pour les disciples d’être envoyés sans rien, vulnérables, pour une rencontre en vérité où chacun s’accueille en vérité, vulnérable. Nous sommes envoyés sans rien, sinon avec cette conviction que dans la rencontre c’est le Christ lui-même qui se donne à accueillir. (…) Il s’agit d’aller « en avant du Seigneur, dans toute ville où il ira » de laisser l’Esprit nous donner de goûter que dans la rencontre de l’autre qui nous reçoit, le Règne de Dieu se fait tout proche.

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